Plus value des Instruits


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En 2010, il apparut des chapelles d'information réservées aux élites instruite (ceux des sims tu veux dire?). Instruite[b]s[...]
Les ghettos culturels de riches entre autre.
Sept ans plus tard, l'inégalité d'accès à l'information s'est encore accentuée.

L'information de qualité est désormais sous clef

L'ère du tout gratuit de l'information a vécu, avec la fin du mythe du financement unique par la publicité. Il ne reste guère plus que quelques titres en ligne comme 20 minutes qui proposent un accès entièrement gratuit à leurs contenus.
En france, 95% de quotidiens et hebdos sont passés en payant ou en modèle mixte(une partie des articles gratuits, une partie payante).
C'est ce que révèle cette étude 2017 du Reuters Institute.
Le problème est que le contenus les plus riches, les plus profonds, les plus enrichissants sont désormais inaccessibles au plus grand nombre.
Ceux qui ne comprennent pas forcément la valeur de 'information n'y ont pas accès, car ils ne paient pas.
Et oui, les pratiques culturelles dépendent beaucoup de leur niveau d'instruction.

Que reste-t-il aux moins instruits?
C'est 15 à 30% en difficulté de lecture par exemple. Il leur reste les journaux télévisés superficiels et dominés par des logique d'audience qui les poussent à des hiérarchies bancales. Des émissions 'd'infotainment', qui virent de plus en plus à la farce grossière, telle l'émission "Touche pas à mon poste" de Cyril Hanouna.
Des blogs ou vlogs de fakes news et autres sites alternatifs de 'réinformation', qui jouent sur la peur et l'ignorance pour raconter n'importe quoi...

Il reste aussi Google news et désormais Apple news sur mobile qui sont un agglomérat d'infos chaudes sans aucun contexte, ni explication, sauf exception.
Un phénomène grave qui mine la confiance des lecteurs en leur médias, en leurs institutions et en la démocratie
Plus besoin de journal: il ya Facebook et Google
Mais il faut bien que les journaux financent leur production éditoriale et les journaux papier d'antan n'étaient pas gratuit(sauf justement les gratuits financés par les petite annonces 😃 )

C'est vrai, mais entre temps, l'écosystème de l'information a radicalement changé et a démolit une bonne partie de la motivation d'achat des journaux.
La génération des baby boomers lisait la presse pour plusieurs raisons :
  • D'abord c'était un vecteur de socialisation incontournable surtout en région pour savoir ce qui s'était passé. Les journaux étaient le principal "carburant social" qui fournissaient les sujets de conversation au bistrot ou à la machine à café. Les sites d'information en ligne et les blogs ont mis fin à cette hégémonie sur l’information (surtout en local) au coup sévère à l'une des motivations d'achat de journaux, en détruisant la rareté de l'information. Mais ce n'était qu'un début. Avec l’apparition des réseaux sociaux et de Facebook en particulier cela s'est sérieusement aggravé. C'est désormais Facebook qui joue ce rôle social en rassemblant sur une même plateforme sujet et outils de la conversation. Les journaux eux continuent d'y publier massivement leurs contenus pour gagner une audience qu'ils monétisent très mal, et qui fait surtout le jeu de Facebook. Pour rappel Facebook et Google captent 85% des budgets publicitaires sur Internet, comme le montre le dernier rapport de Mary Meeker. Pour plagier Gary Lineker on peut dire que les "réseaux sociaux" sont un jeu qui se jouent à des millier et c'est Facebook qui gagne à la fin.
  • Ensuite, Google et les sites spécialisées ont fait voler en éclat la motivation d'achat pratique de la presse. On achetait aussi un canard pour trouver les horaires de cinéma, la météo les petites annonces... Le journal était autant un guide pratique qu'un instrument pour s'informer. Or depuis l'irruption d'Internet et de Google, ces services dont accessibles gratuitement en quelque secondes et de manière beaucoup plus complète sur le boncoin.fr, allocine.fr et autre aussi opodo.fr
  • Idem pour la troisième motivation d'achat[...] Se faire plaisir, s'amuser, jouer... Les "pures-players" financés par la publicité comme pourepeople.fr ont mis un coup de frein à la rareté de l'info people. Les jeux en ligne et les applications mobiles ont concurrencé très fortement les mots-croisés, quiz, sudoku, du papier en gros.
  • Quand à la dernière motivation : apprendre, comprendre, progresser... C'est une motivation là encore très socio-dépendante. Les instruits en savent l'énorme intérêt - différé dans le temps - less autres s'y refusent (parce qu'ils ont des arbitrages compliqués à réaliser! Aller en vacances apporter un peu de plaisir et valorisation sociale à mes enfants(d'où les Nike à 100 € des familles pauvres que ne comprennent pas les riches. Mort du cyber-flâneur et bulles de filtres. 😃 Quel rapport avec le moindre accès à l'information des classes populaires ? Et bien, le journal les mettait en contact, par sa polyvalence avec des informations qu'ils n'auraient sans doute pas choisies spontanément. C'est ce qu'a réussi à faire très longtemps "Le Parisien" du temps de ses grands tirages. Le quotidien parvenait à diffuser des clés de compréhension du monde, entre deux faits divers et infos people. L'air de rien, par la bande. Tout comme Ikea nous vend des épluches-légumes design dont nous n'avons que faire parce qu'ils sont sur nôtre trajet - joli et pas chers. Aujourd’hui, Google [b]nous enfermes dans nos propres recherches utilitaires[b], c'est la fin du "cyberflaneur", nous ne regardons que ce que nous sommes venus chercher. Facebook lui nous enferme d'abord dans le choix de nos amis, puis rapidement dans nos propres choix et ensuite les souvenirs. L'algorithme nous ressert des contenus en rapport avec ce que nous avons consulté auparavant. C'est la fameuse bulle de filtres, dont on a beaucoup parlé durant la présidentielle et qui rétrécit notre horizon à la tribu et nos choix préalables.

On peut comme Frédéric Cavazza accuser les gens eux-mêmes de leur médiocrité. J'estime au contraire que ces nouvelles plateformes renforcent les inégalités sociale initiales(comme Instagram est le lieu le plus haineux) , liées à une différence d'instruction. Une trahison terrible des espoirs d'ouverture, d'égalité et d'émancipation qu'offraient les nouvelles la technologie de l'information.

Le service public doit se réformer!


Puisque la publicité ne peut plus financer l'information des pauvres et moins-instruits, il reste à financer cette information par l'impôt.
C'est l'objet des aides de l’état à la presse qui financent le pluralisme de l'information politique et général. Sauf que ces aides sont plus devenues un dispositif de soutien à l'emploi des entreprises de presse (papier). Il faut donc revoir dans un premier temps les critères d'attribution de ces aides, et diversifier les récipiendaires qui peuvent y prétendre. Notamment en augmentant le montant des aides(indirectes) attribuées aux "pure-players" qui proposent de l’information de qualité.https://www.youtube.com/watch?v=dKwzZZKIbUs

Il ne s'agit pas de sauver des journalistes, mais bien de sauver le journalisme (!!)
Ensuite, cela passe par la télévision qui reste le mode d'information principal des Français(48%) et qui doit monter encore en qualité. Des progrès ont été faits sur les débats télévisés sur France 2. La chaîne publique fait désormais appel à des experts, utilise enfin le "fact-checking" en temps réel.
Mais on est encore loin d'un niveau satisfaisant des débats... encore trop axés sur le spectacle et la polémique. Pourquoi entrer dans le jeu des politiques qui décident des sujets dont on doit discuter? "L'agenda setting" de Mc Combs et Shaw est désormais beaucoup plus décidé par les politiques que les médias. Non, la crise des migrant n'est pas un sujet prioritaire en France! Non l'insécurité n'as pas explosé inutile d'en faire des tonnes !
Pourquoi rebondir sur la première polémique, la petite phrase, le débat à quatre sous qui ajoute du bruit aux vraies questions? Pour faire de l'audience publicitaire et limiter l'augmentation de la redevance? Sans soute.
Il y a certes un équilibre compliqué à trouver entre agrément et profondeur, car si vous ne faites que de la profondeur, les classes populaires iront voir TF1. Du point de vue de l'audience David Pujadas laisse un très bon bilan.

Enfin, ces mêmes logiques d'audience doivent aussi être repensées sur les sites Internet du service public qui informent désormais un quart des Français.
La encore, la course au buzz doit céder la place à la hiérarchie, la vérification, l'enquête... Avec pédagogie dans des formats attrayant, impactant, clairs et toute la symphonie ^-^.

Évidemment, cela représente un coût par les moindres rentrées publicitaires. Mais il y'a par ailleurs tellement d’économies à réaliser sur la production télévisuelle publique!

1 commentaire

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Merci pour ce sujet intéressant @Exegonel ! :)

Pour ma part, je pense que les contenus accessibles à tous devraient tous être enrichissants et instructifs et ne pas se contenter de donner un minimum d'information ou de bâcler celle-ci car l'accès y est gratuit.

Enfin, il ne s'agit que de mon avis 🙂

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